La passion de Tom Walkinshaw

Le monde du sport automobile britannique est en deuil. Dimanche, il a perdu un de ses plus fervents artisans. Tom Walkinshaw, pilote et patron d’écurie est décédé à l’âge de 64 ans des suites d’un cancer.

Avant tout pilote, l’écossais Tom Walkinshaw a remporté plusieurs courses de prestige en formules de promotions et en endurance ainsi que quelques championnats dans ces mêmes séries.

Mais c’est surtout en tant que dirigeant d’écurie de course, d’abord en tourisme (il a remporté deux fois les 24h du Mans en dirigeant l’écurie Jaguar en 1988 et 1990) puis ensuite en Formule 1, qu’il se fait une réputation.

L’homme est passionné mais également controversé. La médiatisation s’abat sur lui lorsqu’il devient le bras droit de Flavio Briatore au sein de l’écurie Benetton à l’orée des années 90. Il participe activement au sacre de son écurie en 1994 et 1995 en ayant embauché le génialissime Ross Brawn à la direction technique et en ayant grandement participé à la venue du talentueux Michael Schumacher au sein de l’écurie anglo-italienne.

Les victoires de Benetton aux championnats (pilotes en 1994 et pilotes et constructeurs en 1995) sont néanmoins entachées par diverses malversations et contournements de réglementation qui seront imputés à Walkinshaw.

Afin d’atténuer les controverses médiatiques, Flavio Briatore choisit de placer son collaborateur à la tête de la seconde écurie dans laquelle il détient la majorité des parts, c’est-à-dire Ligier.

Walkinshaw devient donc l’homme fort de l’écurie française en 1995 et 1996 mais, las des résultats peu probants et de la difficulté qu’il rencontre à prendre le contrôle total de l’écurie, il décide de changer une fois de plus de cap et de racheter la moribonde écurie Arrows à son créateur, Jackie Oliver et de la baptiser ainsi TWR-Arrows, du nom de sa société de course, Tom Walkinshaw Racing.

Pendant six années, il se battra durement et financièrement pour maintenir l’écurie à flots en réalisant de temps en temps quelques coups d’éclats. L’engagement du champion du monde en titre Damon Hill en 1997, qui conduira sa monoplace à la deuxième place du grand prix de Hongrie, non sans avoir mené la majorité de la course, en fait partit. Ou encore la signature d’un commanditaire important comme la firme Orange à partir de l’année 2000 pour asseoir un budget de plus en plus vacillant.

L’écurie n’arrivera pas au terme de la saison 2002, Enrique Bernoldi et Heinz Harald Frentzen resterons donc les deux derniers pilotes à avoir conduit une monoplace Arrows en course.

Walkinshaw quant à lui se mettra définitivement en retrait du monde la Formule 1 et continuera de vivre sa passion pour l’automobile à travers sa nouvelle firme Walkinshaw Performance qui participera au championnat V8 Supercars australien.

 

Tom Walkinshaw avait également mis à profit sa passion du sport en s’impliquant activement dans plusieurs clubs de rugby, discipline dont il été féru. Sa faillite en Formule 1 au début des années 2000 était annonciatrice des difficultés rencontrées par les artisans de l’époque comme Jordan, Ligier ou Tyrell.

3 réflexions sur “La passion de Tom Walkinshaw

  1. J’avoue que je ne savais même pas qu’il était malade, ce qui a rendu ma surprise d’autant plus grande lorsque j’ai appris sa mort hier soir sur autosport. Lorsque j’ai commencé à suivre la F1 j’avais l’image d’un type un peu louche. Mais en creusant un peu c’était surtout un grand monsieur du sport auto.

  2. J’ai eu la même réaction que toi BFr en apprenant sa mort sur le net.
    Il me semblait moi aussi « un peu louche » comme tu dis à l’époque de Benetton et Ligier mais lorsqu’on se penche sur sa carrière on s’aperçoit que c’était avant tout un passionné d’automobile qui a beaucoup donné à toutes les disciplines aux quelles il a participé…les média en avait fait une sorte de bouc émissaire lors des problèmes de Benetton en 1994 (disqualification pour divers motifs lors de la saison) mais quand on voit ce qu’a fait Briatore quelques années plus tard on peut voir les choses sous un angle différent.
    En tout cas, Tom Walkinshaw mérite cet hommage.

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