Lionel Froissart nous éclaire sur la saison 2021 de Formule 1

Avant que les premiers moteurs ne rugissent dans le cadre officiel du premier Grand Prix de la saison 2021 à Bahreïn ce week-end, nous avons demandé son sentiment à Lionel Froissart, journaliste sportif spécialisé en Formule 1 depuis près de 40 ans, qui porte un regard de fin connaisseur sur les forces en présence après les essais hivernaux et juste avant le début de la saison.

(c) DR

Il est très difficile d’analyser les essais hivernaux car les écuries ne roulent pas sur une même pied d’égalité, que l’on parle de consommation d’essence ou de cartographie moteur.

Néanmoins, il semblerait que l’équipe Red Bull ait gagné en confiance au moment d’aborder le premier Grand Prix de la saison, comme l’a également remarqué Lionel Froissart : « En terme de performance, c’est impossible de désigner une équipe plus qu’une autre. Trois journées ne sont pas significatives, surtout avec si peu de roulage et dans des conditions de piste en constante évolution.« 

« Sauf cette modification de l’arrière du fond plat assez importante, le règlement technique ne change pas, donc la hiérarchie peut se resserrer, mais je n’imagine pas qu’elle soit bouleversée. Red Bull pourrait bien se hisser au niveau de Mercedes avec un rapprochement de McLaren avec le moteur Mercedes et aussi de Ferrari, que je vois beaucoup plus proche en rythme de course.« 

L’équipe Mercedes est également apparue fébrile. Mais Lionel Froissart ne pense pas que les champions du monde en titre aient du souci à se faire : « A l’évidence, Mercedes a encore une fois tenté des solutions osées pour compenser la perte aéro qui touche l’arrière de la voiture, et qui risque de poser pas mal de problèmes à plusieurs équipes en fonction des circuits visités.« 

« Mercedes possède une capacité d’analyse et de réaction énorme que les limitations de budget ne devraient pas affecter. L’équipe championne du monde peut sans doute se permettre de faire un début de championnat moyen. » précise encore le journaliste.

Côté Français, l’écurie Alpine a surpris par sa régularité et sa fiabilité. De bonne augure pour jouer placé au championnat du monde des constructeurs dans un match qui s’annonce serré : « Ce n’est pas très étonnant que l’écurie française ait pu boucler de nombreux tours. La fiabilité semble au rendez-vous et là encore, aucune modification majeure dans le domaine de l’aérodynamique ou de la mécanique (je pense au dessin des suspensions) n’a été entrepris. » analyse Lionel Froissart.

« L’objectif d’Alpine sera sûrement de rester au contact de McLaren (malgré le changement de moteur) qui devrait compléter le trio de tête.« 

« Si on peut, à court terme, parier sur un duel Red Bull – Mercedes (dans cet ordre ?), la bataille pour la troisième place du championnat et quelques accessits et podium pourrait s’avérer la plus disputée de ces dix dernières années.« 

Voilà de quoi s’enthousiasmer pour la lutte au milieu de peloton. Devant, c’est un duel entre Mercedes et Red Bull qui devrait donc se profiler.

Lewis Hamilton devrait également être au milieu de toutes les attentions, notamment à cause de son contrat d’une seule saison signé durant l’hiver avec Mercedes.

Le pilote britannique pourrait-il alors faire ses adieux à la Formule 1 à la fin de la saison ? Lionel Froissart, qui admire le septuple champion du monde pour son approche quasi mystique de la course, à l’image de celle d’Ayrton Senna dont le journaliste était proche, pense qu’il est un peu trop tôt pour en être sûr : « Même s’il affirme ne pas accorder d’importance aux records, passer la barre des 100 victoires et 100 poles sera une première étape à sa portée cette saison, avec bien sûr dans l’idée d’être seul au monde sur une montagne de huit titres. »

« S’il parvient à  établir ce record cette saison, Hamilton pourrait arrêter à tout moment. Mais je pense que la curiosité de voir ce que donnera le nouveau règlement technique de 2022 pourrait l’inciter à prolonger, surtout si les projections techniques sont favorables.« 

Lionel Froissart, comme nous, attend donc cette nouvelle saison avec impatience. Il n’est cependant pas resté inactif durant la pause hivernale, publiant ainsi son nouveau roman « Punto basta » qui porte un regard différent sur le drame que Lady Di a vécu à Paris un soir d’août 1997, l’année du titre de Jacques Villeneuve en Formule 1.

Vous pouvez également retrouver le portrait de Lionel Froissart ici.

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