Monaco baby !

Submergés par les voitures de luxe, les bâtiments grandiloquents, les bimbos en maillots deux pièces, les stars internationales et les yachts sur lesquels se déroulent les fêtes les plus improbables, les rêves de gloire et de victoire des pilotes de Formule 1 au grand prix de Monaco peuvent très rapidement se transformer en cauchemars.


Historiquement, le circuit de Monte-Carlo est considéré comme le plus sélectif de tout le championnat du monde. Tous les plus grands pilotes, souvent victorieux dans la principauté ont aussi vécu des moments plus troublés où la plus infime des erreurs n’est plus rattrapable.

On se souvient dans un proche passé de la faute d’inattention fatale à Michael Schumacher sur sa Ferrari lors de l’édition pluvieuse de 1996. Grand prix lors duquel seules quatre voitures ont vu la ligne d’arrivée avec à leurs têtes l’étonnant Olivier Panis qui offrit alors un chant du cygne flamboyant à l’écurie française Ligier pour ses derniers efforts en compétition.

D’autres immenses champions se sont souvent cassé le museau sur les rails inflexibles du circuit urbain. Ayrton Senna, qui avait pourtant course gagnée en 1988 commit l’irréparable faute en perdant tout le bénéfice de sa minute d’avance sur Alain Prost en écrasant sa voiture au virage du portier à seulement quelques tours de la fin.

Plus loin encore, lors de la première édition officielle du grand prix en 1950, Giuseppe Farina provoqua un des plus gros carambolages de l’histoire de la Formule 1 avec pas moins de dix monoplaces impliquées. Une erreur qui ne l’empêcha pas de remporter le championnat à la fin de la saison, mais le pilote italien ne fut plus en mesure de se trouver en bonne position pour inscrire son nom au palmarès monégasque.

Rappelons également que l’immense Jim Clark ne réussit jamais à s’imposer sur le tracé tout comme Jacques Villeneuve, Damon Hill ou Nigel Mansell, pourtant tous quatre champions du monde et ayant prouvé à plusieurs reprises leurs immenses valeurs.

Monaco consacre donc le pilote qui est le plus rapide et qui commet le moins d’erreurs entre ses rues. Des noms moins prestigieux comme Panis, Trintignant, Beltoise ou Depailler côté français ont souvent sauvé leur carrière avec une victoire hautement médiatisé en principauté.

Dernièrement, Jarno Trulli, Juan Pablo Montoya ou David Coulthard sont entrés au panthéon des vainqueurs urbains du tracé du sud de la France.

Cette édition 2010 n’a donc pas dérogée à la règle. Fernando Alonso, dominateur tout au long du week-end a perdu toutes chances de bien figurer en course en tapant le rail le samedi matin. N’ayant pas eu le loisir de participer à la qualification, tous ses espoirs de victoire sont parti en fumée. Si Vitaly Petrov, Jaime Alguersuari ou Nico Hulkenberg sont aussi allé de leur faute durant le week-end, des pilotes bien plus expérimentés à l’image de Rubens Barrichello n’ont également pas vu la ligne d’arrivée. Monaco, l’univers impitoyable, ne couronne que les plus attentifs et les plus chanceux. Le talent y est exacerbé et les émotions des pilotes aussi. Felipe Massa et Jacques Villeneuve en son temps, ne se cachaient pas pour avouer leur peu d’amour envers le circuit. Etonnant donc qu’ils n’y est jamais gagné ?

Cette 68ème édition aura donc couronné Mark Webber, premier australien depuis Jack Brabham en 1959 à réaliser cet exploit. Cette victoire lui permet de prendre la tête du championnat mais surtout de s’inscrire durablement et en lettres d’or dans l’histoire de la Formule 1. C’est en ca que le grand prix de Monaco est exceptionnel. Une seule victoire dans ses rues, et votre réputation de pilote hors norme n’est plus à faire. Jenson Button l’avait bien comprit l’année dernière en coupant la ligne en première position et en s’écriant dans son casque : « Monaco baby ! Monaco ! ».

Axel B.

Une réflexion sur “Monaco baby !

  1. Quelques chiffres intéressant sur le GP de Monaco quo m’ont été transmis par une amie qui a travaillé sur le site :

    A propos du GP de Monaco

    Une organisation et une logistique impressionnante se met en place dès la fin du mois de mars.
    La ville se transforme petit à petit pour devenir  » le circuit de F1″, les autochtones et les touristes s’acclimatent à de nouveaux itinéraires dans le grand chamboulement des rails de sécurité et des nombreux grillages.
    Des moyens humains et techniques au service du sport et de la compétition pour un grand prix en ville qui reste le chouchou des pilotes.
    Des chiffres donnent un aperçu de ce challenge annuel :
    L’ Équipement général
    – 20000 m2 : la surface du grillage du parcours.
    – 1100 tonnes : le poids des tribunes.
    – 5000 : le nombre de pneus de protection.
    – 650 : le nombre de commissaires.
    – 554m : les barrières TecPro.
    – 500 : les extincteurs , soit 1 tous les 15 mètres.
    – 120 : les véhicules professionnels.
    – 43 : les postes d’interventions.
    – 33 km : les rails de sécurité.
    – 32 : les caméras de surveillance TV des postes.
    – 10 : le nombre de grues.
    – 7 : les véhicules d’intervention rapide incendie.
    – 3,340 mètres : la longueur du parcours (soit 76 tours de course).

    L’ Équipement médical
    – 80 : les secouristes.
    – 40 : les ambulances.
    – 40 : les infirmières.
    – 35 : les médecins réanimateurs.
    – 35 : les valises de réanimation cardio-vasculaire et respiratoire.
    – 30 : les matelas à dépression.
    – 20 : les médecins non spécialisés.
    – 3 : les véhicules d’intervention rapide.
    – 3 : les véhicules d’intervention pour la désincarcération et d’extraction.
    – 2 : les hélicoptères.

    Les chiffres de la Sûreté Publique :
    – 350 : l’effectif total mobilisé – tous corps confondus -.
    – 81 : le nombre de véhicules (31 automobiles, 50 deux-roues, soit l’ensemble du parc roulant).
    – 70 : le nombre de personnel supplétif venant soutenir.
    – 23 : le nombre de maîtres-chiens.
    6 : le nombre de véhicules supplémentaires mis à sa disposition par des concessionnaires locaux, plus particulièrement utilisés dans la conduite ou dans l’escorte de personnalités.
    – 4 : le nombre de compagnies républicaines de sécurité (C.R.S.) en renforts.
    – 3 : le nombre d’embarcations mises à disposition.

    Tout cela pour un grand prix qui selon l’ enquête diligentée par la FOTA – Formula One Teams Association est classé numéro un également dans la hiérarchie des grands prix pour le public.

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