Les autres Français de la Formule 1 : Adrien Paviot

A quelques jours seulement du Grand Prix de France de F1 sur le Circuit Paul Ricard, nous avons rencontré Adrien Paviot, pilote, designer, commentateur mais avant tout véritable passionné de sport automobile. De part ses nombreuses activités, il arpente depuis des années les paddocks de la Formule 1 et même si, cette saison, TF1 ne diffuse pas de Grand Prix sur ses antennes, Adrien Paviot reste présent notamment par l’intermédiaire de Pierre Gasly ou Charles Leclerc dont il dessine les casques.

Tu as plusieurs activités relatives à la F1 et la course automobile, peux-tu nous les décrire ?

En effet j’ai la chance de vivre de ma passion la semaine et le week-end ! La semaine en dessinant des casques et des voitures de courses. Des casques pour des pilotes de F1 (Leclerc, Gasly, Tsunoda, et auparavant Verstappen, Grosjean, Magnussen), mais aussi des décos de voitures pour diverses disciplines, du GT au Dakar. Depuis mon enfance, j’adore dessiner, je pense alors que la voie était toute tracée ! Puis j’enchaine le week-end au micro de plusieurs disciplines comme commentateur. Il y a bien sûr eu la F1 sur TF1, mais aussi la Formula E et les 24H du Mans sur Eurosport, ou encore le DTM, le Supercars Australien, l’IMSA et un peu de NASCAR sur Automoto La Chaîne. 

Quelle est l’activité que tu préfères ?

C’est marrant, on me pose souvent la question, et j’ai moi-même longtemps cru que j’allais devoir faire un choix un jour entre ces deux activités. Mais plus le temps a passé, plus ces deux activités sont devenues complémentaires. Désormais, je ne me vois pas en quitter une au bénéfice de l’autre. Je pense que j’ai trouvé mon équilibre entre le design la semaine, et la TV le week-end. Après, il faut noter que l’activité de design est plus dense lors de l’intersaison hivernale, tandis qu’elle se ralentit quand les saisons reprennent, et donc les directs TV qui vont avec ! Là encore, ces deux activités sont bien complémentaires.

Quel a été ton parcours pour en arriver là ?

Je suis arrivé en sport auto d’abord derrière le volant d’un karting, puis d’une voiture de course. C’est en côtoyant mes copains (et adversaires !) des paddocks que j’ai pu constituer un réseau qui aujourd’hui m’aide beaucoup dans le développement de mon entreprise de design, mais aussi acquérir une connaissance de ce milieu qui me permet de commenter des courses automobiles à la TV. Mais cela ne suffit bien évidemment pas. Ma première vocation a clairement été le design. J’avais d’ailleurs fondé mon cursus scolaire sur cette voie et cela m’a conduit à l’école de design de Nantes.

Cependant, je courais en Formule Renault en parallèle de mon année de prépa, et j’ai ainsi souhaité me consacrer à ma saison sportive. J’ai donc continué à dessiner des casques et des autos, mais sans plus aucune formation. Quasiment en autodidacte donc.

Puis lorsque j’ai stoppé ma carrière de pilote, j’ai souhaité approfondir la voie des médias qui m’avait toujours passionné également. J’ai donc fait une école adaptée à ce secteur à Nice, et je payais mes études en vendant des designs de casques et de voitures pour mes anciens adversaires de course. Tout cela était censé être provisoire le temps que je trouve un job à temps complet dans les médias, mais finalement, le provisoire est devenu permanent, et j’ai la chance d’avoir deux métiers de rêve à ce jour. 

T’arrive-t-il de piloter encore en compétition ?

Absolument ! J’avais arrêté la compétition en 2006 par manque de moyens puis pour me concentrer sur mes études dans les médias. Mais lorsque mes activités se sont stabilisées, je n’ai pas résisté à courir à nouveau. J’ai repris le karting en 2016 avec une finale de Coupe du Monde à la clé, puis retrouvé les joies de la course auto. J’ai repris mes marques en Championnat de France Caterham puis je me suis envolé vers les USA en 2018 le temps d’essayer une Nascar sur un vrai speedway. Une expérience de dingue ! Cette année, je vais disputer 3 manches en Ultimate Cup Series au volant d’une Ginetta GT4 du Team Speed Car.  

Peux-tu nous décrire les étapes de création d’un design de casque ?

J’établis tout d’abord un cahier des charges avec le client. Pour cela, nous avons des formulaires que nous avons mis en place, avec beaucoup de détails techniques. Puis je prépare une V1, d’abord en traçant les grandes lignes, puis en intégrant les éléments imposés (comme les nombreux logos sur un casque de F1 par exemple !). Une fois que j’ai posé cela sur ma planche, je peux ensuite commencer le véritable travail de création. Lorsque la maquette est ensuite terminée et validée par le client, je prépare alors un fichier vectoriel à l’échelle que je fournis au peintre qui va réaliser la déco sur le casque.

De quel design de casque es-tu le plus fier ?

Je n’ai pas un casque qui ressort en particulier, mais je garde un super souvenir du casque ‘Flash McQueen’ que Romain Grosjean a porté à Austin en 2019. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les Studios Pixar, et cela reste un souvenir vraiment génial.

Comment te prépares-tu avant de commenter un Grand Prix de F1 ?

Je crains de ne rien avoir de très original à confier ! Comme tous commentateurs, je prépare tout d’abord des fiches avec plusieurs stat’ et faits historiques. Puis je passe pas mal de temps à échanger avec les pilotes, mais aussi les ingénieurs et les mécaniciens. L’avantage de la F1 était que nous faisions tout sur place. C’était ainsi plus facile d’aller à la pêche aux infos. Malheureusement, c’est bien moins simple lorsque nous commentons d’autres programmes depuis Paris.

Qu’est ce qui t’intéresse le plus dans le sport auto en général et dans la F1 en particulier ?

L’aspect sportif / pilotage, sans aucun doute. J’admets avec franchise que mes connaissances en mécanique sont assez ‘standards’, par exemple lorsque j’arrive sur un évènement je vais d’abord aller en bord de piste analyser le pilotage d’un pilote, plutôt que me précipiter dans un garage pour apercevoir les réglages d’un mécanicien. Bon après… je finis par faire les deux ! Mais c’est avant tout l’aspect sportif de ces disciplines, F1 et autres séries, qui me passionne.

Quel est ton meilleur souvenir en rapport avec la F1 ?

Je garde un incroyable souvenir de mes premiers voyages à Austin en 2013 et 2014. J’y accompagnais Romain Grosjean qui est un ami, et j’avais d’ailleurs pu vivre sa deuxième place de l’intérieur, dans le garage Lotus en 2013. Nous avions passé une folle semaine lors de ces deux éditions là. J’avais même pu présenter mon travail de designer auprès du très select ‘Paddock Club’ en compagnie de Matt Leblanc qui était invité en 2014. Cela fait vraiment partie de ces voyages où tout s’enchaîne et se présente à merveille…d’ailleurs, je suis resté hyper fan d’Austin depuis !

Existe-t-il une véritable communauté française en F1 ?

Sans aucun doute. Je suis d’ailleurs impressionné des connaissances de la plupart des fans, vraiment ! Il n’y a qu’à voir le nombre de streamer / youtubeurs qui aujourd’hui sont de vraies références en la matière. Si le sport automobile n’a plus la côte auprès de nos gouvernements, je reste convaincu que nous sommes un pays de passionnés ! 

Vous pouvez découvrir son activité de designer par ici.

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