L’inconnu au service du spectacle

Le circuit de l’Istanbul Park, où s’est déroulé le Grand Prix de Turquie, a été la cible de beaucoup de critiques concernant les conditions de piste.  Cette dernière, pourtant plébiscitée pour son tracé, a vécu un resurfaçage rendant l’adhérence très problématique juste avant de recevoir la discipline reine du sport automobile.

2020 Turkish GP

ISTANBUL PARK, TURKEY – NOVEMBER 13: Kevin Magnussen, Haas VF-20 during the Turkish GP at Istanbul Park on Friday November 13, 2020, Turkey. (Photo by Mark Sutton / LAT Images)

Si certains observateurs ont poussé de hauts cris quant à l’indécence d’une telle surface, aussi peu adhérente et normée pour accueillir des voitures de course aussi puissantes et pointues que les Formule 1, force est de constater que le spectacle offert en piste a été très différent de ce à quoi la discipline nous a habitué.

Un affrontement d’idée

Au regard de ce spectacle atypique, deux visions peuvent s’entrechoquer. Il y a, d’un côté, les offusqués qui n’ont pas trouvé ce petit jeu très amusant et qui, souvent avec véhémence, ont été très critiques sur la volonté des instances dirigeantes de la discipline et des organisateurs de la course, de vouloir à tout prix continuer le déroulement d’un week-end qui n’avait finalement plus grand-chose à voir avec la tradition de la Formule 1 qui veut que les meilleurs pilotes se battent au volant des meilleures monoplaces sur les meilleurs circuits du monde dans des conditions parfaites.

D’un autre côté, il y a eu les enthousiastes, souvent un peu trop excités par la perspective de voir des sorties de piste et des accidents à foison, sans réellement se soucier de la qualité du spectacle. Ils voyaient là l’opportunité rêvée d’un retour à la Formule 1 d’antan où tenir une monoplace en piste sans réaliser plusieurs glissades par tour était impensable.

Des pilotes amusés et excités par le défi

Mais au milieu de cette excitation et de cet affrontement de deux philosophies antagonistes, se trouvaient les pilotes qui, durant tout le week-end, ont pu s’exprimer sur leurs sensations et leur ressentis au contact d’une piste très loin de celles auxquelles ils ont l’habitude de courir.

Et pour la majeure partie d’entre eux, il est flagrant de souligner qu’ils se sont plutôt bien amusés à prendre part à cet atypique challenge. Ce qui n’est guère étonnant finalement car ces 20 pilotes sont censés représenter le summum de leur art et donc être capables de relever haut la main tous les défis qui leurs sont présentés. Et effet, ce week-end en Turquie, a permis de mettre en valeur leur adaptabilité, autant d’un point de vue technique que de leur simple capacité de pilotage.

A en croire leurs commentaires, la surprise a rapidement laissé place à l’excitation. Pour Valtteri Bottas, c’est la notion d’apprentissage qu’il faudra retenir : « La première fois que j’ai pris la piste, j’avais plutôt l’impression de faire du rallye, c’est très éloigné de ce à quoi nous sommes habitués en Formule 1. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir en roulant sur cette piste et à expérimenter des réglages sur la monoplace, c’était vraiment amusant. »

De l’autre côté de la grille, même son de cloche pour un Nicholas Latifi qui se sent meilleur pilote après cette expérience : « Il y a beaucoup à apprendre de tout cela, je me sens définitivement un meilleur pilote. »

Au milieu du peloton, les sensations ont été semblables si l’on se réfère à Lando Norris : « C’est assez amusant car différent de la normale. C’est difficile à piloter et vous êtes constamment en survirage et sous-virage, mais c’est très difficile de faire correctement les choses et de vraiment réussir un tour. Donc, ça va être un week-end intéressant. »  commentait le Britannique le vendredi soir. 

Mais n’est-ce pas Kevin Magnussen qui résume le mieux cette volonté des pilotes de s’adapter et de relever le défi proposé : « C’était vraiment fou, mais plutôt cool aussi d’avoir cette expérience. C’était la même chose pour tout le monde. C’était juste un nouveau défi. » confiait ainsi le Danois.

Bien sûr, certains ont eu des appréhensions au moment d’entrer en piste, mais ces doutes ont rapidement été balayés par le plaisir pris en pilotant, comme le déclarait Charles Leclerc le vendredi soir : « Au début, je n’étais pas très convaincu par le niveau d’adhérence de la piste et je pensais que cela allait être une très mauvaise journée, mais après quelques tours, j’ai vraiment apprécié, car c’était très amusant d’avoir une adhérence aussi faible. »

Une piste à creuser

Amusant, excitant, défi, fou, difficile…sont des termes qui font partis du champ lexical de la course automobile et qu’il est plutôt plaisant d’entendre encore de nos jours en Formule 1. Alors tant que la sécurité des pilotes et de tous les intervenants est assurée pendant le week-end, il n’y a donc visiblement pas de mal à ce que la discipline propose de temps en temps des expériences nouvelles que les pilotes et les écuries semblent prendre plaisir à relever.

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